QUELQUE CHOSE PLUTÔT

une proposition de Jean-Luc Guionnet

Si l’oreille passe son temps dehors, c’est qu’un possible pend à jamais au crochet de l’écho.
Qu’est ce qui dure dans ce qui dure ? Comment un dit "x" va-t-il persister ou pas en tant que "x" ? Comment va-t-il être identifié comme un "x" dans la durée et pas comme un "x’" ou un "y" ? Comment va-t-il tenir jusqu’à ce que "y" prenne enfin la relève ? Pourtant, la situation fait toujours que la chose "y" arrive à temps, et la chose "x" fait toujours que la situation dure assez.
Ce n'est pas parce que la musique est pleine qu’il n’y a plus de place dedans.


Ray Brassier
Lundi 27 mai à 20h
Ouverture des portes une heure avant
Conférence
Tarif unique 5€

MMaintenant
8 passage de Jouy 93200 Saint-Denis


JLG


Ray,
- rencontré par le truchement de l'excellente revue anglaise Collapse,
- puis au travers de ses traductions en anglais de Badiou et de Meillassoux,
- et finalement au fil d'une collaboration philosophico-musicale
- au cours de laquelle, après moultes détours en forme de débats,
- il nous — Mattin, Seijiro Murayama & moi — force à la philosophie,
- et il se force à la musique :
- cela donna Idiomes & Idiots.

Ray,
- poursuit un travail tout au fond de la philosophie, cave de la philosophie, sous-terrains, sous-bassements, fondations... impensés,
- alliant de manière très unique le noyau dur de la métaphysique continentale (Laruelle, Badiou) au noyau dur de la pensée analytique (Sellars, Churchland),
- dépassant une critique faite pas-à-pas, et toujours à faire,
- allant vers de nouvelles fondations, qui ne vont pas sans une traversée nihiliste,
- ou, plus exactement, procédant au passage, sur la joue très accidentée de la philosophie, d'un rasoir d'Occam contemporain,
- rasoir, d'abord patiemment façonné,
- puis appliqué à la lettre,
- c'est-à-dire sans exception.

Ray Brassier est un philosophe d'aujourd'hui, nécessaire.

Jean-Luc Guionnet


On parle beaucoup aujourd’hui de la fin (de l’espèce humaine, de la nature, de l’histoire, etc.). Ce qui m’intéresse ce n’est pas la fin, mais plutôt la fin de la fin, et surtout la fin de la fatalité. Beaucoup de philosophes contemporains pensent la nature comme créativité ; j’insiste plutôt sur sa fatalité, non pas seulement en tant que « nature première » (physique ou biologique), qu’on opposerai à la société, mais comme ensemble de croyances et pratiques sociales constituant une « nature seconde ». C’est le capital comme auto-expansion de la forme-valeur, dont le capitalisme est l’expression culturelle, qui régît cet ensemble de pratiques et croyances. Il s’ensuit que la fatalité contemporaine, c’est celle du capital comme nature s’accroissant aux dépens de toute activité qui ne contribue pas à son accroissement. Invoquer la catastrophe écologique comme déchéance de cet accroissement, c’est invoquer la fatalité contre la fatalité ; ce qui revient a la supplier plutôt qu’a la contrer. Pour parer à cette répétition, Adorno propose une stratégie suggestive. Le sujet qui tente de se libérer de la fatalité en dominant la nature ne fait que la répéter parce que son autoconservation requiert qu’il domine sa part de nature d’une façon qui reconduit sa propre domination par la nature. Rompre l’emprise de la fatalité ne peut se faire en appelant a la raison de dominer la pulsion naturelle, ni en renversant la raison pour libérer celle-ci, mais en poussant le concept a mimer sa propre affinité non-conceptuelle avec l’impulsion. C’est ce thème que j’aimerai étudier.

Ray Brassier


Ray Brassier, philosophe.

Études doctorales à l’université de Warwick (royaume uni) entre 1995 et 2001. De 2002 a 2008, chercheur au Centre pour la Philosophie Européenne Moderne à l’université de Middlesex (Londres). Depuis 2008, enseigne la philosophie à l’université américaine de Beyrouth.

Auteur de Nihil Unbound : Enlightenment and Extinction, 2007. Traduit en français par Antoine Daures : Le néant déchainé. Lumières et extinction, 2017. Son travail actuel examine le rapport entre raison et nature à travers des lectures de Sellars, Adorno et Marx.


à voir :
The myth of the given nominalism naturalism materialism

à lire :
Le néant déchaîné : lumière et extinction (Trad. Antoine Daurès, Puf - Métaphysiques)
revue Collapse


Invitez vos ami·e·s sur les réseaux sociaux

Tarif unique
Entrée 5 €
Places limitées
Billeterie en ligne ou sur place


Cliquez ici pour accéder à la billeterie.

Cliquez ici pour rejoindre le groupe QUELQUE CHOSE PLUTÔT
sur les réseaux sociaux et être tenu·e·s informé·e·s des concerts et performances dans les meilleurs délais.


PROCHAINEMENT

Laurent Pascal ¬
Mardi 4 juin à 21h


PRÉCÉDEMMENT

Ptanck Guiotrine
Sigolène Valax
Timothée Quost
Joe Colley
Jean-Luc Guionnet


Bar associatif





Coordonnées
8 passage de Jouy 93200 Saint-Denis
+33 (0)9 51 39 78 64 — syn [at] synesthesie.com
www.synesthesie.com

Accès
Métro ligne 13 – Basilique de Saint-Denis
RER D et H – Saint-Denis
Tram T1 – Marché de Saint-Denis

Synesthésie bénéficie du soutien du Conseil régional d'Île-de-France, du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, de la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France - Ministère de la culture et de la communication et de la Ville de Saint-Denis, ainsi que du Centre commercial Basilique et Carrefour Saint-Denis.

Synesthésie est membre de Tram, réseau art contemporain Paris/Île-de-France et de Plaine Commune Promotion.